Old School - Ellen O’Neal Deason

Attention les yeux

Par Sir Mac Gohan

A tous les kids de 2016 qui sont nés dans les 60’s, Ellen O’neal… ça vous dit certainement quelque chose ? Ah y’a pas de kids d’aujourd’hui nés dans les 60’s… petit cours d’histoire du skate alors. On va faire ça de manière pédagogique.

Si un certain nombre de girls skatent de nos jours, ce n’était pas forcément le cas il y a 50 ans. Ellen a cependant fait partie de ces extra-terrestres qui ont su percer. Deux raisons : elle était douée sur 4 roues, voir même parfois sur 8 (compte tenu du caractère bizarroïde de skate d’antan) et surtout elle était splendide. Ellen aurait pu faire la cover de Cosmopolitan, Elle, Jalouse voir même Playboy… Pour certains la dernière option aurait généré une demande plus importante que l’offre en terme de tirage. Ellen n’aura finalement illustré que des couvertures de mags sérieux tels Skateboarding ou Life. De la presse d’adultes responsables non ?

Ellen-Oneill_San_Diego_California__050615_13_DRSans la connaître beaucoup la connaissent.  Les clichés de la nymphette au skateboard ont fait le tour de la planète et continuent à être diffusés. On la voyait souvent dans Skateboarder le mag : elle était stylée et gracieuse avec ses noses wheelies ses daffies et ses spins 360 ( les noms des tricks ne vous disent rien. Allez vous acheter une Delorean pour aller voir ce qui se passait dans les 70’s ). Jim un photographe de skate de l’époque se rappelle : « Elle était toujours souriante et tellement incroyable que tous les mecs se rêvaient une love story avec elle. Je crois que la plupart des filles, surtout celles qui ne skataient pas voulaient être à sa place ».

Ellen habite toujours à San Diego où elle a grandi et explique avoir démarré le skateboard à l’âge de 15 ans. Très fortement inspirée par des filles comme Laura Thornhill, Pattin Mc Gee, Desire Von Essen ou Kim Cespedes ( un véritable crew de girls de l’époque ), elle se souvient du haut de ses cinquante ans bien tapés: « Avant que les premiers skateparks voient le jour en Californie du sud nous avions des ditches qui sont de larges tuyaux d’évacuation d’eau usées. Lorsque ceux-ci se trouvaient à sec, surtout en été, nous pouvions les rider un peu comme une rampe ou un tube en surf ! Esondido reservoir, celui de la 40ème rue ont précédé le premier park officiel de Carlsbad auquel je me rendais avec mes potes. J’étais souvent la seule fille à m’élancer. Ce qu’on appelait le freestyle, avant la démocratisation du ollie, était bien différent d’aujourd’hui, ça se pratiquait surtout en roulant plus qu’en prenant son envol ! J’étais fan de cette discipline, on pouvait exécuter nos figures n’importe où. Devant chez mes parents il y avait aussi un bon downhill. Je me rappelle bien de ça. La vitesse … c’est bon aussi».

Ellen-Oneill_San_Diego_California__050615_1_DRComme nombreux kids de l’époque le skate a d’abord été pour Ellen un moyen de transport pour se déplacer de la maison jusqu’à l’école puis de l’école au fast-food du coin. Sa véritable première planche était une Bahne avec des roues Cadillac et des trucks Chicago (vous connaissez pas ?… normal ). Ellen s’était inscrite à un contest au Stadium de San Diego juste pour voir ce que ça pouvait donner. C’était la seule fille sur 60 participants. Elle a scoré, gravissant d’emblai la seconde marche du podium toutes catégories confondues.

Chris Yandall ( RIP ), un des juges, l’a connecté avec Gordon & Smith. Ces derniers ( Monsieur Gordon et monsieur Smith ) lui ont proposé un sponsorship la propulsant vers d’autres sphères et lui conférant un statut de semi-pro. ACS trucks, Kriptonic Wheels, Hang Ten, Vans et Rector ont complété sa collection de partenaires et Ellen a pu envisager un temps de vivre du skate. Le Long Beach Freemormer Invitational ou le CBS Youth invitational en Floride restent des souvenirs impérissables pour l’ancienne skateuse.

Aujourd’hui Ellen est entrée dans le Skateboard Hall of Fame même si elle conduit plus souvent sa moto qu’elle ne ride sa board.

Elle est responsable des ressources humaines dans le secteur médical et bien sur incite son fils de 23 ans à rider le plus possible. Un conseil à donner aux filles qui hésitent à skater Ellen ? « Ne laisse personne te dire ce que tu dois faire ! Si tu as envie d’essayer, vas-y ! Ne vous prenez pas trop au sérieux et pensez toujours avant tout à skater pour le plaisir. Big Up Girls».