Interview - Greyson Fletcher

L’héritage

Par Sir Mac Gohan

Le rejeton de Christian Fletcher a longtemps vécu chez sa mère dans la vallée d’Anaheim. Demeurant alors loin de l’Océan et des valeurs de la glisse, Greyson avait pour habitude de squatter le park bétonné du coin. Il s’y essayait aux frontside ollies sur Greyson Fletcher shooting for Skate.fr Magazineroulettes et tricotait du joystick s’engageant dans de folles parties de jeux vidéo avec ses potes. Lors des week-ends il aimait rendre visite à son père, surfer et skater d’exception, précurseur du modern-move. Fletcher junior se ramenait alors le plus souvent à la plage pour voir la famille évoluer sur les vagues de T-street ou de Lowers : « Je me rappelle que je restais sur le sable et que j’enregistrais passivement les manœuvres de papa, de mon oncle Nathan ou de mon grand-père mais je n’étais pas réellement attiré par l’élément liquide même si je kiffais me retrouver sur le sable. J’attendais une chose : qu’ils quittent le line-up pour les emmener taquiner le concrete bowl de San Clemente à coups de grinds », explique-t-il. Nathan, Christian ou Herbie ( le grand père ) sont plutôt à l’aise sur des courbes de béton et Greyson est vite devenu un maître en la matière.

Greyson Fletcher nosegrab tailslide in a spider bowl

Athlète spontané, privilégiant vitesse, fluidité et style, il remporta
son premier contest de skate avant de partir en tournée Européenne avec son paternel afin de mettre en scène ses performances lors de la Quick Cup, événement qui associait glisse sur trois éléments : liquide, neige, béton.

« Ce format de compétition était génial. C’est aussi à cette époque que j’ai eu mes premiers véritables sponsors et j’ai voulu partir de chez maman pour aller vivre sur la côte. Fatalement j’allais être forcé de passer à la vitesse supérieure, d’autant plus que je skatais souvent avec Curren Caples. », se remémore Greyson avec le sourire aux lèvres. Les chutes répétées sur le macadam et les Greyson Fletcher doing a frontside air in a pool with a cruiser deckdivers traumatismes auront raison de son entêtement à rester au sec. « J’avais trop mal au dos, les vertèbres tassées et le kiné m’avait précisé que la natation pouvait être un bon remède aussi je me suis emparé d’un surf et j’ai atteint le line-up. Ça m’a fait un bien fou, j’ai eu des sensations incroyables et c’était bien plus fun que la natation », reprend-t-il. Quand il n’est pas sur les contests de bowls entre Sydney, L’Oregon, Rio, Sao Paulo ou Bilbao, Greyson
donne un petit coup de main chez Astodeck, l’entreprise de traction-pad familiale basée à San Clemente. « Ces trips skate te mettent quand même un peu de pression parce que c’est du boulot, tu veux atteindre un résultat. Cette année on est parti en Indonésie pour le tourisme et pas le ride et j’ai adoré. Le skate c’est mon métier, c’est sérieux et l’amusement et la découverte sans pression c’est chouette », analyse Greyson commentant ses manœuvres favorites : les north, les frontside 50-50 simple mais spontané. Une chose est évidente conclut-il : « faut toujours tenter de modérer la pression et savoir faire autre chose que rider de temps à autre. »

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Greyson Fletcher @ MARSEILLE

Greyson Fletcher's "In Perdition" Part